lundi 18 août 2008

Samaritains





Les samaritains sont une communauté juive à part, comprenant seulement 700 personnes en deux endroits, dont une montagne au dessus de Naplouse. Ils prient en ancien hébreux, ne reconnaissent comme sacrés que les cinq premiers livres de la Bible (Pentateuque), sont dirigés par un grand prêtre. ils sont toujours vêtus de blanc et respectent la Bible à la lettre. Ils sont à la fois citoyens d'Israël, de Palestine et de Jordanie. Seul visiteur du village, je passe un long moment avec un ancien, dont le père et le grand-père furent grands prêtres. A mi-chemin des deux peuples, vivant dans leurs traditions, les Samaritains sont en même temps très modernes, très éduqués. Je n'ai pu photographier que le musée.
Aussi, leur équivalent des mezouza, passage de la Torah apposé à l'entrée d'une maison, mais ici non point dans un petit rouleau, mais en marbre.

Un autre checkpoint









Checkpoint à la sortie de Naplouse. Tout le monde doit passer à pied. Deux colonnes pour les jeunes hommes, qui sont fouillés méticuleusement et lentement, une colonne pour les femmes et une pour les hommes plus âgés, qui passent plus vite.
Et j'ai bien aimé ce graffitti sur le mur..

Scènes de rue






Le marché de Ramallah : des couleurs, des odeurs, du bruit.



Et le marchand d'eau aromatisée.

Coquetterie


A la différence du triste hijab gris ou noir de nos banlieues, les femmes ici, qui portent le hijab à 80%, le font avec élégance et coquetterie : jeux de couleurs et d'étoffes, assorties au vêtement, maquillage sensuel et oeillades assassines sont fréquents. Evidemment je ne me suis pas risqué à les photographier, l'image ci-dessus n'est qu'un substitut.

Jeux Olympiques

Article de l’humoriste Sayed Kashua dans Haaretz à propos des Jeux Olympiques. Après quelques suggestions saugrenues ( pourquoi ne pas avoir des épreuves de jet de pierres contre voitures de police ? de construction d’un mur en béton ? ), il conclut en citant un journaliste israélien populiste, Avri Gilad, qui dénonce les autorités chinoises:
"En l’écoutant, je me demande si je dois continuer à regarder les Jeux à la télé ou si je dois les boycotter pour des raisons idéologiques. Je ne suis pas tellement au courant de ce que les Chinois ont fait. J’ai vaguement entendu parler du Tibet, des droits de l’homme et des exportations à prix cassés. Mais je suis d’accord pour qu’un pays qui occupe une autre nation, qui utilise sa force militaire pour priver les habitants de liberté, qui piétine les droits de l’homme et les droits civils, qui punit collectivement un peuple entier et le retient prisonnier, qui discrimine entre les habitants sur des bases religieuses, qui arrête les dirigeants de cette autre nation, qui les assassine, qui tire sur les manifestants –oui je suis d’accord pour que ce pays soit boycotté ». (Sayed Kashua, Fun and Games, Haaretz Magazine, 15 août 2008, p.4)

Comme le Monde (.fr) supprime assez généralement les commentaires anti-Israël (voire ne les autorise même pas), je me suis dit que ce petit texte ferait merveille comme commentaire des articles sur les J.O..

samedi 16 août 2008

Judéité

Article dans Haaretz : diaspora ou conversions ?
http://www.haaretz.com/hasen/spages/959229.html

Arafat






Contraste entre le mausolée imposant, éblouissant, grandiloquent, et au fond, le bâtiment vétuste où il a soutenu le siège israélien, encore marqué de quelques traces de balles (photo interdite car c'est le siège de la présidence de l'Autorité Palestinienne : on devine, à travers l'arche, au fond, sa photo sur le toit, c'était là)

Dans Ramallah




Une banderole célébrant Mahmud Darwish et une contrefaçon amusante (des étoiles et du fric).

Borsalino


Dans Mea Sharim, le quartier des juifs ultra-orthodoxes de Jérusalem.

République et Rois


J'ai bien aimé cette juxtaposition. C'est, à Jérusalem Est, le tombeau de la reine Héléne d'Adiabène, Arménienne (ou Kurde) convertie au judaïsme au 1er siècle de notre ère.

Un seul Etat ?

Depuis 25 ans, toutes les négociations portent sur la création d’un Etat palestinien souverain aux côtés d’un Etat juif sécurisé, et depuis 25 ans elles n’aboutissent pas.
Je ne vais pas faire ici l’historique des échecs de part et d’autres, des occasions manquées, mais ce qui est frappant aujourd’hui, c’est que, face aux propositions israéliennes de création d’un bantoustan palestinien morcelé, sans véritable souveraineté (ni diplomatique, ni militaire, ni de contrôle des frontières ou de l’espace aérien, ni de possession des ressources en eau), sans droit au retour des réfugiés et sans Jérusalem, de plus en plus de Palestiniens abandonnent la solution des deux états et prônent un seul état démocratique, respectant ses deux communautés, mais avec des principes d’égalité et ‘un homme = un vote’.
Ainsi, dans Haaretz d’hier, le très respecté Sari Nusseibeh.
Il est possible que le gouvernement israélien, après avoir réduit sans cesse le concept d’état palestinien, se retrouve confronté à un défi bien plus difficile, un seul état, qui n’e serait donc plus un ‘Etat Juif’.
Les exemples belges ou tchécoslovaques ne sont certes pas très encourageants, et ce serait une solution compliquée et propice aux affrontements, mais qui sait ?

Bulle

Après quelques rencontres avec des Israéliens (juifs) et quelques lectures, j’essaie toujours de comprendre l’écart entre l’humanisme juif démocratique dont se prévaut ce pays et ses actions sur le terrain comme puissance occupante.
Je ne saurais pas quantifier avec précision, mais il me semble qu’un tiers des juifs israéliens ont une position à la fois religieuse et politique très dure sur l’occupation. Elle est exprimée parfois brutalement, mais le plus souvent avec finesse pour maintenir l’apparence démocratique, et c’est, volens nolens, la position des gouvernements successifs. En gros, cette terre nous appartient de droit divin, disons jusqu’au Jourdain, colonisons la, occupons la, faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour chasser les habitants arabes, par la force et la terreur (1948), par le découragement qu’on peut générer chez eux, et, pour ceux qui restent, encerclons les, réduisons les à une position de sous-hommes, sans droits, sans souveraineté, tout en les empêchant de peser sur l’avenir de l’Etat Juif.
En face, il y a peut-être 5% ou 10% des Israéliens qui s’opposent à l’occupation, qui défendent les droits de l’homme, qui tentent d’œuvrer pour une vraie solution.
Et l’immense majorité s’en fout : le pays est agréable, l’économie va bien, tout ce qu’on demande, c’est la sécurité, que le gouvernement empêche les attentats par quelque moyen que ce soit. Le reste, on ne veut pas en entendre parler ; moins on voit les Arabes, moins on a de contacts avec eux, mieux c’est, jamais on ne franchit la ligne verte, on vit dans une bulle confortable, comme n’importe quel Européen ou Américain.
C’est certes un peu simpliste, mais dans les grandes lignes, c’est en gros ce que je perçois. La grande question, à mes yeux, est si un jour cette majorité silencieuse va ouvrir les yeux et réaliser ce qui est fait en son nom. Pourra-t-elle dire, comme les compatriotes de ses exterminateurs il y a 65 ans ‘nous ne savions pas’ ?
Je crois que je vais essayer d’écrire davantage sur ce sujet.

A propos du chantier

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=9683&type=temoignage&lesujet=Démolitions%20de%20maisons
ou en anglais:
http://english.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=3357&Itemid=1

vendredi 15 août 2008

jeudi 14 août 2008

La maison est reconstruite





Enfin presque... Disons que le gros oeuvre est terminé. La photo ci-dessus montre, depuis l'intérieur de la maison reconstruite, les gravats de la démolition de la maison précédente et, au fond, le mur et les immeubles des colons : en une photo, occupation, ségrégation, destruction et reconstruction.
Les dernières journées ont été assez rudes. Cet après-midi, remise officielle de la maison à la famille.
Quelques discours, beaucoup de photos, quelques larmes.
Puis on a planté deux oliviers devant la maison.
Au delà de cette maison, cette reconstruction est aussi un témoignage de solidarité à ceux qui résistent contre l'occupation et un engagement de témoigner de ce que nous avons vu.
Maintenant, repos.

mercredi 13 août 2008

Jonathan Cook et Anne Paq

Jonathan Cook est un des rares journalistes indépendants dans la région, et le seul basé à Nazareth, la principale ville des Palestiniens citoyens israéliens.
Il a visité le chantier de reconstruction d'ICAHD et a écrit cet article.

Anne Paq est une photographe française basée à Bethlehem; elle fait partie, avec cinq photographes israéliens, du collectif Activestills, le principal producteur d'images sur l'occupation de la Palestine.

mardi 12 août 2008

La seule démocratie du Proche-Orient..


.. vient d'interdire Pinocchio et Harry Potter en arabe. Raisons de sécurité et lutte contre le jihado-islamisme terroriste, bien sûr.

lundi 11 août 2008

Mahmoud Darwish 2

Il a fallu atendre jusqu'à maintenant (lundi 11 à 19H) pour avoir enfin sur le site du Monde.fr une nécrologie de Mahmoud Darwish qui ne soit pas biaisée comme celle d'Assouline.
Je la reproduis ici.

Le Palestinien Mahmoud Darwich, l'un des plus grands poètes arabes contemporains, est mort samedi 9 août, à l'âge de 67 ans, dans un hôpital de Houston, des suites de complications consécutives à une intervention chirurgicale sur un anévrisme de l'aorte. L'Autorité palestinienne a décrété un deuil officiel de trois jours. A travers son oeuvre - près de trente recueils traduits en une quarantaine de langues - Darwich touchait les fibres les plus sensibles de ses lecteurs et de son auditoire, qu'il s'agisse de l'interminable tragédie palestinienne, de l'amour, du désir, de l'espoir, en un mot de la vie.

Depuis 1998, date à laquelle il avait été opéré à Paris d'un anévrisme de l'aorte, Mahmoud Darwich vivait dans un dialogue lyrique constant avec la mort. "Mort je t'ai vaincue", avait-il alors écrit dans Murale, magistrale méditation sur la mort, qui inaugurait le cycle de ce que certains considèrent comme les plus beaux de ses recueils. Il avait confié en juillet qu'il espérait "avoir le temps de terminer son dernier recueil". Darwich savait en effet que son corps risquait de le lâcher. Et c'est bien pour l'en empêcher qu'il s'était rendu aux Etats-Unis pour se faire opérer. Il avait écrit un jour : "Si je devais mourir, j'aurais honte de faire pleurer ma mère."

L'exil forcé, les souffrances et "l'injustice" faites à son peuple étaient une blessure profonde jamais cicatrisée. "On ne peut vivre avec la blessure de la disparition de la patrie, a-t-il déclaré un jour au Monde, que si une cohabitation équilibrée s'instaure entre les "deux réalités", juive israélienne et arabe palestinienne, dont aucune ne peut éradiquer l'autre." "L'espoir, assurait-il, est une maladie incurable chez les Palestiniens, l'espoir d'une vie normale où nous ne serions ni héros ni victimes." L'espoir donc, malgré une occupation israélienne qui est "une déclaration permanente de guerre contre nos corps et nos rêves, nos maisons et nos arbres".

Né le 13 mars 1941 dans le village d'Al-Birweh, Mahmoud Darwich est forcé à l'exil, en même temps que les siens, en 1948. Leurs habitations ont été entièrement détruites et leur localité rasée au moment de la création de l'Etat d'Israël. Un an plus tard, ils retournent clandestinement dans ce qui était devenu l'Etat juif et s'établissent à Jdeidet Akka. A l'âge de 20 ans, Darwich adhère au Parti communiste judéo-arabe. Arrêté à plusieurs reprises et assigné à résidence, il finit par opter pour l'exil, qui le conduira à Moscou, puis au Caire et à Beyrouth.

Avec l'invasion israélienne du Liban en 1982, Mahmoud Darwich reprend la route. Ce sera le Caire, Tunis, Paris, avant Gaza et Ramallah en 1995, deux ans après la signature des accords d'Oslo. Accords dont il avait d'entrée de jeu perçu les immenses lacunes et qui avaient entraîné sa démission du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine. A deux reprises, les autorités israéliennes l'autorisent à se rendre à Haïfa : en 1996, pour les obsèques de l'écrivain arabo-israélien Emile Habibi, et en 2007, pour une lecture de ses poèmes devant une foule considérable. Il n'est pas étonnant que l'une des oeuvres - Etat de siège (Sindbad/Actes Sud, 2004) - de ce poète si sensible aux rythmes et aux sonorités, ait été mise en musique par le compositeur Garett List en janvier 2005.

Pour un Palestinien, "la politique est existentielle", estimait Mahmoud Darwich. "Mais la poésie est rusée, ajoutait-il. Elle permet de circuler entre plusieurs probabilités. Elle est fondée sur la métaphore, la cadence et le souci de voir derrière les apparences", de voir "la vie, les rêves, les illusions..., le meilleur, le beau (...). Son seul véritable ennemi, c'est la haine." Aussi n'était-ce pas un hasard si le personnage du Christ, "ce Palestinien", l'avait touché par "son discours d'amour et de clémence, par cette idée qu'il est le Verbe". Pour Mahmoud Darwich, la cécité d'Israël, son entreprise d'affaiblissement systématique de l'Autorité palestinienne, l'incurie de cette dernière, le "despotisme universel" des Etats-Unis, les despotes locaux et l'exception dont bénéficie l'Etat juif en matière de droit international, étaient les causes des régressions intégristes "passéistes" de mouvements tels que le Hamas palestinien. Dans le monde arabe, et plus généralement musulman, comme en Occident, "des forces concourent à exacerber le choc des identités", estimait-il. "C'est une période transitoire, mais le présent se noie dans la tragédie".

Mahmoud Darwich vivait ces dernières années entre Amman, en Jordanie, et Ramallah, en Cisjordanie, où il publiait la revue Al-Karmel, fondée à Beyrouth et attentive aux courants culturels internationaux. Son corps devait être rapatrié à Ramallah via Amman. L'Autorité palestinienne s'emploie à obtenir le feu vert d'Israël pour qu'il soit enterré à Jdeidet Akka, où vivent encore sa mère et ses frères et soeurs. L'écrivain israélien Avraham B. Yehoshua a rendu hommage à son "ami et adversaire" qui "était aussi un voisin, un Arabe israélien qui connaissait l'hébreu et les codes juifs de la société israélienne". De même, le poète israélien Haïm Gouri a déclaré : "Son décès me fait beaucoup de peine car il incarnait une personnalité tragique, un homme en exil permanent, éloigné à jamais de son village."

De nombreux livres de Darwich ont été traduits en français, notamment chez Actes Sud, à partir de 1994 ; dernier titre paru : Ne t'excuse pas (2006). Notons également une anthologie des "Poèmes 1966-1982", Rien qu'une année (éd. de Minuit) et un volume de la collection "Poésie/Gallimard", La terre nous est étroite et autres poèmes.

Mouna Naïm

Dates-clés
13 mars 1941Naissance en Palestine
1948Exil à la création d'Israël
1961Adhésion au Parti communiste judéo-arabe
9 août 2008Mort à Houston

Shooting back

L'organisation qui surveille les violations des droits de l'homme dans les territoires occupés, B'Tselem, a fourni une centaine de caméras vidéo à des Palestiniens pour qu'ils puissent documenter les violations quotidiennes : le pouvoir de l'image est plus fort que la parole d'un témoin.
C'est ainsi que la vidéo du lieutenant-colonel Umri Burbag ordonnant à un sergent de tirer sur un Palestinien menotté dans le dos et baillonné, le 7 juillet, a été filmée par une jeune fille de 16 ans. Cette vidéo, du fait de l'horreur qu'elle présente et de la violation évidente des droits de l'homme, mais aussi de tout principe humanitaire, a eu un grand retentissement depuis sa divulgation le 21 juillet.
Ce qu'on ne lit pas dans les médias, par contre, c'est que, dès le lendemain, les permis de circulation de tous les membres de la famille de la jeune fille, Amira, ont été révoqués et que, quelques jours plus tard, lors d'une manifestation pacifique, son père a été arrêté et est toujours en prison.
Et ses supporters clament partout qu'Israël est une démocratie, un état de droit.

Sanctions :
- le sergent L. a obéi aux ordres : il sera poursuivi pour 'conduite indigne'
- le lieutenant colonel Burbag a été relevé de son commandement et va être poursuivi (devant un tribunal militaire) pour 'conduite indigne'
- le colonel Aviv Resheff, son supérieur, a eu un blâme dans son dossier pour n'avoir pas signalé l'incident.
'Conduite indigne' : d'après la Convention de Genève, tirer sur un prisonnier désarmé est un crime de guerre....
Peut-être, le jour où ces officiers viendront en vacances dans un pays civilisé, pourrait-on leur appliquer la doctrine Pinochet et les poursuivre en justice...
On peut lire cet article.

Mahmoud Darwish

Il vient de mourir.
C'était un immense poète.
Le Monde (.fr) n'a encore aucun article sur lui, sinon un renvoi vers le blog de Pierre Assouline, qui est un bon critique littéraire, mais totalement partial dès qu'il s'agit d'Israël.
Dans son texte, dont l'essentiel est par ailleurs plutôt bien, Passou réussit à ne pas écrire une seule fois le mot 'Israël', et à expliquer que Darwish s'est exilé (d'où ? pourquoi ?) : on lui rappelle que le village de Darwish a été purifié ethniquement en 1948 et rasé.