jeudi 24 juillet 2008
Mur des Lamentations
Sarkozy en keffieh
Armes
Mais aussi des gardes sans uniforme bien défini, comme celui-ci dans un poste qui protège apparemment une maison de colons juifs en plein quartier arabe de la vieille ville.
Et puis des civils 'ordinaires' : premier matin à la terrasse d'un café, non ce n'est pas un téléphone portable qu'il a à la hanche.
Ma surprise un peu plus tard de voir deux hommes armés entrer, kippa sur la tête, dans la basilique du Saint Sépulcre et prendre des photos, en vrais touristes; je n'ai pas osé prendre leur photo.
Et que trouve-t-on dans les étalages de jouets pour enfants ?
Cette omniprésence des armes, de la violence va de pair avec une rudesse dans les rapports humains: bonjour, merci, au revoir semblent des mots rares. J'ai bien aimé ce commentaire : "Vous savez que vous êtes en Israël quand...
Dans un bar, quelqu'un vous pique la place aux toilettes (un Israélien qui fait la queue, ça va pas, non ?) mais vous n'osez rien dire parce qu'une crosse de revolver dépasse de l'arrière de son pantalon." lu dans ce blog. C'est tellement évident dès le premier abord; ça change de la politesse arabe.
Découverte d'en haut
Une des entrées, la Porte de Jaffa, transition entre ces deux mondes.
Une des congrégations chrétiennes, vue d'en haut avec 'Terra Sancta' et, en rouge à gauche, 'No Entry' (bon, d'accord, c'est un peu facile).
Une petite mosquée familiale, Masjid al Qaymariyya, son dôme et son standard (c'est quoi, le nom exact de cet éperon sur le toit du dôme ?)
Après, je redescend et je me mêle à la foule, alors que les remparts étaient quasi déserts.
mercredi 23 juillet 2008
Arrivée
Arrivée à l'aéroport, du bruit, de la fureur, des cris. L'hébreu est une langue que j'ai du mal à trouver douce et poétique, je devrais sans doute écouter des poèmes d'amour en hébreu, mais là les gens s'engueulent autour des minibus (sherout) pour Jérusalem, ça crie, ça proteste. Beaucoup d'hommes en noir, avec des femmes discrètes, des ribambelles d'enfants pâles, impression un peu étrange. Ici et là, quelques Arabes longeant les murs, à peine visibles dans la foule.
Dans le minibus, une jeune femme (éthiopienne ?) passe l'heure entière du trajet à parler fort au téléphone, avec le sans-gêne le plus total; un vieil homme l'engueule, tout le monde crie. Curieux, cette tension permanente. Michael Warshaswky en parle dans le livre que je citais il y a quelques jours, A Tombeau ouvert, j'y reviendrai.
Le minibus a fait le tour de tous les quartiers de Jérusalem avant de me déposer à mon hôtel, dans le centre. Longue journée : demain j'explore.
Départ

mardi 22 juillet 2008
Apartheid ou pire ?

lundi 21 juillet 2008
Avant le départ

- plus historique et plus costaud, "The seventh million" (sur le lien entre les Israéliens et l'Holocauste), par Tom Segev (globalement, Tom Segev, ça se lit bien).
- "The other Israël", un livre collectif sur les voix dissidentes israéliennes, un petit recueil coordonnée par Tom Segev (avec notamment un texte de Jeff Halper).
- Sur Israël / Palestine, "Comment guérir un fanatique", de Amos Oz, petit bouquin très bien pour comprendre aussi ce que pense la gauche israélienne du conflit.
- Edward Said (évidemment), "Israël; Palestine, l'égalité ou rien", petit recueil de textes publiés entre Oslo et la 2nde Intifada... comme quoi il avait tout vu!
- côté Palestine: "Bienvenue en Palestine", de Anne Brunswic, l'intifada vue de Ramallah
- "Reporting from ramallah", de Amira Hass (la journaliste de Haaretz qui couvre la Palestine)
- indispensable!: "Palestine et Palestiniens", le seul guide touristique sur la Palestine de l'intérieur...
- grand classique régional: "From Beirut to Jerusalem", de Thomas Friedman
- les bouquins d'Enderlin (Le rêve brisé, etc) sont bien faits pour comprendre les négociations depuis Oslo et après.
Des images du silence
Les peuples colonisés, occupés, tentant déséspérément de faire entendre leur voix, ont utilisé le verbe, la poésie, le roman plus que l’image, me semble-t-il. Et quand ils parviennent à produire films ou photos, au Viet-Nam par exemple, ce sont en général des images militantes, guerrières, engagées. Le dominant, lui, a souvent abondamment documenté la vie quotidienne du colonisé : administrateurs et missionnaires ont rempli des albums de photos exotiques, orientalisantes ou de bons sauvages.
Mais, en regard, des photos de tous les jours prises par les acteurs mêmes sont rares. Des photos du quotidien où le conflit, la guerre, l’oppression n’apparaissent qu’en filigrane, ne sont présents que dans les marges, forment le contexte inoubliable mais qu’on tente de mettre entre parenthèses un instant pour jouir du moment présent. Des photos de mariages, de réunions familiales, de baignades, de mères nourrissant leur bébé, des photos de boutiques où trône l’image iconique du patron. Rien de militant, aucune violence, sinon celle subie en silence; ainsi, des oliviers arrachés qu’on replante. On peut, optimiste, y lire de l’espoir, ou, militant, de la résignation. Mais ce n’est que la vie toute simple, trop rarement chantée sous de telles latitudes.
Le Gazaoui Taysir Batniji et la Hiérosolymite Rula Halawani (Un homme âgé plaisante avec un baigneur de la piscine publique du vilage de Kubar) exposaient de telles images sur le Pont des Arts jusqu’au 30 juin.
dimanche 20 juillet 2008
Voyage en Palestine

J'y pensais depuis quelque temps, je voulais aller voir sur place, me défaire des idées reçues, du filtre de la presse, et découvrir sur place la réalité, me faire une opinion par moi-même, à mes risques et périls.
J'y pensais vaguement, et puis la rencontre d'une artiste israélienne, Yael Bartana et la découverte de son film Summer Camp ont été les déclencheurs :
L’affiche montrant un valeureux pionnier sioniste regardant l’avenir sous le titre, Summer Camp, la salle de spectacle dans laquelle le film est présenté, la musique martiale et romantique (de Paul Dessau), la mise en scène sous-eisensteinienne, tout évoque le cinéma de propagande des débuts d’Israël, les valeureux colons-combattants qui domestiquent le désert et construisent un nouvel Etat, un nouveau mode de vie, plus beau, plus sain, plus moderne sur une “terra nullus”. Mais ce film de l’Israélienne Yael Bartana (déjà vue à Paris ici) adopte tous ces poncifs de la propagande sioniste des origines pour montrer tout autre chose : la reconstruction par un groupe de volontaires, israéliens, palestiniens et européens, sous les auspices de l’organisation israélienne ICAHD, de la maison d’un Palestinien que l’armée a détruite en représailles. On déblaie les gravas, on porte les moellons, on coule du béton, les murs s’élèvent : comme un ballet, une performance. A la fin, la famille y emménage, même si on sait bien que la maison sera de nouveau détruite par un bulldozer de l’armée, qui rode à proximité. C’est un détournement ingénieux des codes classiques de la propagande, d’autant plus que la protestation s’exprime ici par la construction et non par la destruction.
Je pars donc dans quelques jours dans un camp de ce type, avec autour tout un programme de rencontres.Vais-je en revenir différent ? Indifférent ou militant ? Bouleversé ou blasé ? C'est ce que je vais tenter de découvrir, et de partager au cours de ce mois. J'essaierai d'écrire chaque jour mes découvertes, mes impressions, mes indignations